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Message de la présidente

Bonjour à chacune et chacun d’entre vous,

C’est fait, la composition de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent, est maintenant connue. Aux deux vice-présidents que sont MM. André Lebon et Michel Rivard; s’ajoutent cinq commissaires à savoir : M. Gilles Fortin, M. Jean-Simon Gosselin, Mme Lesley Hill, M. Jean-Marc Potvin et Mme Danielle Tremblay.

Dès que le Premier ministre a annoncé la création de cette commission, je lui ai écrit, ainsi qu’aux chefs des partis d’opposition, afin de leur rappeler combien le cas de la fillette de Granby a marqué au fer rouge les travailleurs sociaux du Québec. Nous avons toutes et tous vécu un deuil causé par ce drame, sachant malheureusement trop bien que cette situation était prévisible dans les conditions de pratique actuelles. La bonne nouvelle, c’est que trois des commissaires ont été formés en travail social; leur expérience devrait permettre une meilleure représentation des forces et des faiblesses du système dans lequel évoluent les travailleurs sociaux.

Vous vous souviendrez qu’en conférence de presse, le 3 mai dernier, j’ai insisté sur les failles de notre environnement professionnel, sur les lacunes et les difficultés qui s’additionnent depuis des années, pour ne pas dire des décennies. J’ai décidé de les dénoncer, pas par corporatisme, mais bel et bien dans l’objectif de protection du public, ce qui est exactement le mandat des ordres professionnels. La population a droit d’avoir accès à des services de qualité. Les travailleurs sociaux ne demandent pas mieux que de leur en donner, et ainsi, répondre aux besoins des personnes et des enfants vulnérables. De votre côté, vous portez également la protection du public appuyée par nos valeurs de respect, de justice sociale et d’intégrité. Pour cela, il faut trouver des solutions réalistes, durables, et ce, rapidement.

Cette commission a reçu le mandat de réaliser une analyse globale des dispositifs de protection de la jeunesse, dans les différents réseaux d'intervention concernés, de manière à identifier les enjeux et les obstacles et à formuler des recommandations sur les améliorations à apporter. Il faut que les vraies choses soient dites et entendues. Il faut que la commission débouche sur du concret et colle à la réalité des environnements où grandissent les enfants. Nous devrons patienter 18 mois, jusqu’en novembre 2020. C’est long dans l’état actuel des choses, même si, entre-temps, le gouvernement injecte des fonds pour mettre en place diverses mesures en protection de la jeunesse. Sachez que l’Ordre suivra les travaux de près et a la ferme intention de s’y présenter; nous attendons de connaître les détails afin de nous y inscrire dans les meilleurs délais.

Soyez assurés que j’entends continuer de clamer l’importance de veiller au bien-être des travailleurs sociaux qui sont en place en reconnaissant et en valorisant la complexité de ce travail exceptionnel, en offrant du soutien clinique ainsi qu’un programme de mentorat. Quand la rétention des troupes sera assurée et consolidée, accueillir la relève viendra de soi.

En terminant, je veux vous remercier de tenir le fort comme vous le faites. Je vous encourage à garder le cap. Je veux vous dire merci pour tous les cas dont on ne parle pas publiquement et qui sont des réussites pour le futur des enfants et de leurs parents. Ça se passe partout au Québec, tous les jours, et c’est grâce à votre professionnalisme et votre engagement bienveillant.

Vous prenez soin des autres et surtout, n’oubliez pas de penser à vous aussi.

Votre présidente,

Guylaine Ouimette, T.S.

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